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Témoignages
Quelques témoignages de volontaires à Sol En Si
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Danièle, volontaire "accompagnement" à Sol En Si |  |  |
"Je suis volontaire à Sol En Si depuis deux ans. Après avoir été atteinte d’une maladie qui impliquait des traitements lourds, j’ai mesuré la chance que j’avais de pouvoir retrouver une bonne santé, d’avoir été très entourée dans les moments difficiles... et j’ai choisi Sol En Si pour essayer de rendre ce que l’on m’avait donné.
J’accompagne une jeune femme africaine de trente ans depuis un an et demi. Elle vit seule avec son bébé et se sentait isolée, angoissée par la maladie et les traitements. Elle n’avait personne à qui parler de "son problème". Très vite, une relation de confiance s’est installée. En étant à l’écoute, j’ai pu la soutenir moralement et elle a pu me parler de la maladie, de ses angoisses par rapport à l’avenir, de son bébé.
De cultures complètement différentes, nos échanges sont très riches et, sans le savoir, elle m’apprend le courage, la chance de vivre en bonne santé, la joie de partager. Ces échanges se font de manière naturelle et très simplement, au cours d’une balade au square, en allant visiter un endroit qu’elle voulait connaître, ou chez elle autour d’une tasse de thé. C'est ainsi que nous avons, par exemple, parler de ses craintes de transmettre sa séropositivité à son enfant lorsqu'elle était enceinte.
Le volontariat à Sol En Si m’apprend beaucoup. Je ne mesurais pas l’importance de ce que l'on peut donner en faisant un pas vers les autres, en donnant un peu de temps et en étant à l’écoute… et ne m’attendais pas à ce que j’allais recevoir."
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Stéphanie, volontaire "accompagnement" à Sol En Si |  | "Ça y est, le jour fatidique arrive enfin… Pas trop tôt. L’impatience, l’angoisse, tout est là, mais aux dires des "initiés", il paraîtrait que c’est tout à fait normal. J’ai le numéro téléphone entre les mains. J’hésite… Quand appeler ? J’attends. Une heure ou deux. Un, deux, trois. Je souffle. J’appelle Raphaëlle, la jeune fille que j’accompagne, on échange quelques mots, le rendez-vous est pris, 15H15 à Bobigny.
J’arrive à l’heure, même un peu en avance, des fois que… Je commence à l’imaginer, petite, grande, les cheveux courts ou longs. Les questionnements physiques laissent vite la place au doute : est-ce que je vais être à la hauteur ? Que vais-je lui dire ? Va-t-elle me trouver sympa ?... Je regarde ma montre, 15H45, elle n’est toujours pas là. Je rappelle un peu inquiète. Raphaëlle aura du retard. 16H00, toujours personne. 16H15 j’entraperçois une tête. Je la vois, elle me sourit.
Aujourd’hui tous mes doutes se sont dissipés. Je la regarde et tout devient évident… ou presque."
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Marie-Hélène et Pascal volontaires "parrainage" à Sol En Si |  |  |
"Nous avons 5 enfants, les deux plus jeunes vivent encore à la maison. Touchés par la détresse des familles frappées par le SIDA, nous avons voulu donner un peu de notre temps, un peu de notre amour. Nous nous sommes engagés à Sol En Si dans le parrainage. Nos enfants étaient aussi partants pour accueillir un petit garçon ou une petite fille régulièrement à la maison.
Pendant 4 ans, nous avons accueilli un petit garçon, F. qui avait 3 ans au début du parrainage. Sa famille était dans une passe difficile : maladie, difficultés financières, mauvaise condition de logement. Il venait toutes les 4 semaines : jeux, rires, lecture d’histoires, promenade à pied ou à vélo, tel était le programme de ces week-end. Une fois la confiance établie, F. parle, de ses joies de ses peines, de ses difficultés, des non-dits. A nous d’être à l’écoute, de le rassurer, tout en n’oubliant jamais que cet enfant n’est pas le nôtre et que le lien familial doit être respecté et consolidé.
Avoir la bonne réaction, trouver les bons mots au bon moment n’est pas toujours facile. Heureusement nous participons régulièrement à un groupe de soutien avec d’autres volontaires et une psychologue de Sol En Si. Nous pouvons ainsi confronter nos expériences et nous aider mutuellement. Une fois toutes les 4 semaines c’est à la fois peu quand l’enfant vit dans des conditions difficiles, mais c’est aussi beaucoup : c’est l’occasion pour lui de connaître autre chose, d’avoir d’autres repères, d’être dans des conditions différentes qui lui permettent d’exprimer des choses qu’il ne peut exprimer dans sa vie de tous les jours. Cela permet aussi aux parents de l’enfant de souffler et de penser un peu à eux. Pour nous, pour notre famille, c’est aussi une découverte et une joie de partager de bons moments avec lui.
Depuis peu, la situation familiale de F. s’est stabilisée. Nous avons espacé les week-ends d’accueil tout en gardant le contact avec lui et sa famille. Nous sommes repartis pour un nouveau parrainage : une petite fille de 9 ans. C’est de nouveau la découverte, le partage et une nouvelle aventure qui démarre…"
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Anne, volontaire "relais d'urgence" à Sol En Si |  |  |
"C'est toujours très bouleversant lorsqu'à 16H00 Sol En Si me téléphone au boulot pour me demander d'aller chercher d'urgence un enfant à la sortie de l'école et de le ramener chez moi pour une période indéterminée. D'un seul coup, j'ai l'impression de rentrer dans une autre sphère. On passe de métro-boulot-dodo à prendre en charge un enfant qu'on ne connaît pas et qui vient d'être séparé de sa mère pour cause de maladie.
Alors le temps s'écoule très vite entre 16H00 et 18H00. La valse des questions commence. Penser aux courses. Penser à faire le lit. Penser aux médicaments. Aura-t-il des affaires de rechange? Est-ce que l'école sera prévenue? Pourvu qu'il se sente bien avec moi. Mais coûte que coûte, un pincement au coeur, on sera devant ladite école à 17H45. Et puis la rencontre arrive…
L'enfant semble soulagé d'être attendu mais reste sur ses gardes et se demande comment va se passer la soirée. On est tous les deux des inconnus l'un pour l'autre et nous allons faire un petit morceau de vie ensemble. On fait les courses. L'enfant aime le chocolat et bien sûr on en achèterait 15 tablettes pour essayer de lui faire oublier un moment sa douleur. L'arrivée à la maison me fait sourire : "comment ça, t'as qu'une télé, c'est nul !". On s'installe. On fait un chocolat chaud. On tente de parler de jeux, de dire qu'on va bien s'amuser à préparer le repas ensemble. Et puis on fait les devoirs. Le coucher reste très difficile. L'enfant est agité. Il ne veut pas prendre ses médicaments. Comment savoir si la situation particulière de son arrivée ici en est la cause ou non? Il finit par s'endormir après avoir lu une histoire à super-rallonge et avoir chanté quelques contines indispensables.
La première nuit est interminable, l'enfant dort mal et moi je ne dors pas du tout. J'imagine tout de lui, ne sachant rien, mais cela me rapproche de lui. Le lendemain, lever, p'tit dej, école. Au revoir difficile devant le perron à cet enfant triste sans sa mère, comme un oisillon tombé du nid. Je me ressaisis, ce soir sera un autre pas l'un vers l'autre. Les jours passent et effectivement on apprend à se connaître, rires et sourires, mais aussi pleurs et réprimandes.
Nos liens se tissent. Sa maman au téléphone dit qu'elle va mieux et on le constate effectivement à la première visite à l'hôpital. Il semble tellement heureux de la voir, cela lui donne un vrai sourire et à moi une vraie raison d'espérer.
A la fin de la deuxième semaine de vie commune, sa maman sort de l'hôpital. Aujourd'hui je l'emmène à l'école mais je ne viendrai pas le chercher, car par chance, c'est elle avec son authentique amour de mère qui l'attendra à l'école. Nous apprendrons à nous oublier l'un et l'autre. Le temps qui passe atténuera comme il peut ce pénible épisode que l'enfant aura malgré tout associé à la maladie de sa mère."
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Agnès et Philippe, volontaires "famille d'accueil vacances" à Sol En Si |  |  |
"Nous sommes adhérents depuis 1993 et nous avons pu avoir la joie d’accueillir, en famille, avec nos 3 enfants, une petite fille de 3 ans et demi, Naomie, en provenance du Zaïre et initialement porteuse du VIH. Dès que cette petite fille est arrivée chez nous en octobre 1994, nous avons vite constaté que Naomie était entrée dans la maladie du SIDA. Après neuf mois de bonheur et de réciprocité intenses, notre petite puce est décédée en juillet 1995. Beaucoup de tristesse de nous cinq mais également, beaucoup de joie d’avoir pu partager sa courte vie… et son sourire parfait !
La douleur étant forte et nos filles étant bien évidemment choquées, nous sommes restés "volontaires de base" à Sol En Si, en donnant des coups de main et en se demandant comment rebondir.
L’idée nous est venue d’accueillir dans notre maison de Vendée, située en bord de mer, une à deux petites filles pour leur offrir des vacances en les sortant de la région parisienne et partager de bons moments.
Depuis 5 ans, O. passe 3 semaines de vacances avec nous, rejointe depuis 2 ans par I. Beaucoup de détente, de joies partagées, et la grande prière de fin de séjour : "dîtes, Tata et Tonton, on reviendra l’année prochaine ?".
Nous conseillons aux personnes qui veulent des rires, des joies, des émotions, d’accueillir à leur tour ; les "gagnants" n’étant peut-être pas que les enfants… Alors, dîtes autour de vous que ces moments sont inoubliables et que donner de la joie est simple et enthousiasmant."
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Emmanuelle, volontaire "Groupe Ados" à Sol En Si |  | "Je me souviens de la première rencontre entre les ados et nous (3 volontaires) en début d’année. Nous devions définir avec eux leurs envies et les inciter à proposer des activités pour le samedi. Mais, malgré nos efforts, le courant ne passait pas. L’ambiance était glaciale. J’ai donc décidé d’aller chercher des bonbons et des boissons et quand j’ai ouvert la bouteille de soda, cela a giclé partout. J’étais ridicule, trempée, la bouteille à la main mais cela les a évidemment fait rire et d’un seul coup, la glace s’est brisée entre nous. Ils ont commencé à parler, à faire des propositions, à rebondir sur les suggestions des uns et des autres. On ne pouvait plus les arrêter…
Après ce moment de doute intense et de grande solitude, c’était vraiment bon de les sentir s’ouvrir enfin à nous." |
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